Jeanne d'Arc
Jeanne d’Arc (née le 5 ou le 6 janvier 1412, et morte le 30 mai 1431), surnommée la Pucelle d’Orléans, est une figure emblématique de l'histoire de France. Fille de Jacques d'Arc et de Isabelle Romée. Jeanne n'était pas l'unique enfant du couple d'Arc, cette famille était composée de cinq enfants : Jeanne d'Arc, Jacques d'Arc, Catherine d'Arc, Jean d'Arc, Pierre d'Arc.
Jeanne est née à Domrémy, aux marches de Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans opposant la France à l’Angleterre. Elle était très pieuse, et aimait se rendre, chaque samedi, à l’église de Bermont, près de Greux, pour prier. Elle mena les troupes françaises contre l’envahisseur anglais mais fut finalement capturée et mise au bûcher après un procès en hérésie.
Ses réponses lors de son procès, dont les minutes ont été conservées, révèlent une jeune femme dotée de courage, de franchise et d'un esprit de répartie saillant, ce qui explique sans doute comment elle avait su galvaniser ses troupes.
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Durant la guerre de Cent Ans, la plupart du nord et sud-ouest du territoire français est contrôlée depuis 1420 par les Anglais.
Le roi Charles VI, dit Charles le Fol, ne dispose pas de toutes ses facultés mentales. La légitimité de son dernier fils survivant, le Dauphin Charles, héritier de la couronne, est contestée, du fait des aventures qu’aurait eues Isabeau de Bavière, sa mère (en particulier avec Louis d'Orléans).
Le pays est déchiré par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui se disputaient le pouvoir au sein du conseil de régence présidé par la reine Isabeau du fait de la folie de son époux. Profitant de ce conflit Henri V, roi d'Angleterre relance les hostilités et débarque en 1415. La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, face aux archers Gallois. En effet, les Anglais avaient perfectionné l'arc et, bien abrités des charges par des pieux disposés à l'avance, décimaient sous une pluie de flèches la chevalerie française dont les chevaux n'étaient pas encore protégés. Ils ont été ainsi maîtres des batailles à terrain découvert malgré leur nette infériorité numérique, jusqu'à ce qu'apparaisse l'artillerie de campagne qui donnera l'avantage aux Français en fin de conflit.
À l'entrevue de Montereau le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur devaient se réconcilier, pour faire face à l'ennemi. Malheureusement, Jean sans Peur fut poignardé par un homme du dauphin, probablement Tanguy du Châtel. Philippe le Bon, le fils de Jean sans Peur, se rallia aux Anglais. La puissante université de Paris fit de même.
Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais purent imposer le traité de Troyes, qui fut signé entre Isabeau de Bavière, reine de France et régente, et Henri V en 1420. Selon les termes du traité, Henri est marié à Catherine, fille de Charles VI ; à la mort de Charles, la couronne reviendrait à leur descendance, réunissant les deux royaumes.
Ce traité qui spolie le Dauphin de son droit de succession (car enfant illégitime et assassin présumé du duc de Bourgogne) est contesté par la noblesse française. À la mort de Charles VI en 1422, la France n’a donc plus de roi sacré. La couronne de France est revendiquée par le roi d'Angleterre encore mineur, Henri VI.
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À 13 ans, Jeanne affirme avoir entendu des voix célestes, des Saintes Catherine et Marguerite et de l’archange Saint Michel lui demandant d’être pieuse, de libérer le royaume de France de l’envahisseur et de conduire le Dauphin sur le trône. Après beaucoup d’hésitations, à 16 ans, elle se met en route. Arrivée à la ville voisine, elle demande à s’enrôler dans les troupes du Dauphin. Sa demande est rejetée deux fois, mais elle revient un an plus tard et Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, accepte de lui donner une escorte, résigné face à la ferveur populaire de la ville où Jeanne avait acquis une petite notoriété, notamment en allant rendre visite au duc malade Charles II de Lorraine. Avant son départ pour le royaume de France, Jeanne ira se recueillir à la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port, dédiée au Saint-patron du Duché de Lorraine.
Portant des habits masculins (ce qu’elle fera jusqu’à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques), elle traverse incognito les terres bourguignonnes et elle se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le Dauphin Charles, après réception d’une lettre de Baudricourt. L’anecdote raconte qu’elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans, et lui parle de sa mission. Par superstition, Jeanne est logée dans la tour du Coudray, celle où Jacques de Molay fut emprisonné et aurait prononcé sa célèbre malédiction. Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans. Après l’avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des matrones constatent sa virginité, et fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord sur son plan de libération d’Orléans assiégée par les Anglais. Jeanne commence une série de trois sommations destinées aux Anglais.
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Ses frères la rejoignent. On l’équipe d’une armure et d’une bannière blanche frappée de la fleur de lys, elle y inscrit dessus "Jesus Maria", qui est aussi la devise de l'ordre des mendiants (i.e., les Dominicains, Franciscains, etc). En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l'armée de secours et fait précéder ses troupes d'ecclésiastiques. Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d'Orléans, dit le Bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois. Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre s’annoncent réservés. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.
Après cette victoire, célébrée chaque année à Orléans ces deux jours, on la surnomme la Pucelle d’Orléans. Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429 remportée face aux Anglais, elle persuade le Dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France.
Pour arriver à Reims, l'équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n'ont pas de raison d'ouvrir leurs portes, et que personne n'a les moyens de contraindre militairement. Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes entraine la soumission de la ville mais aussi de Châlon et Reims. Dès lors, la traversée est possible.
Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d’Arc, Charles VII est sacré par Regnault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix. L'effet politique et psychologique de ce sacre est majeur. Reims étant au coeur du territoire contrôlé par les Bourguignons et hautement symbolique, ce sacre est interprété par beaucoup à l'époque comme le résultat d'une volonté divine. Il légitime Charles VII qui était déhérité par le traité de Troyes et soupçonné d'être en réalité le fils illégitime du Duc d'Orléans et Isabelle de Bavière.
Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d'anecdotes où les contemporains y verront régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l'histoire officielle de Jeanne d'Arc. La découverte miraculeuse de l’épée dite de « Charles Martel » sous l’autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, en est un exemple.
Dans la foulée, Jeanne d’Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Une attaque est menée par Jeanne sur Paris, mais doit être rapidement abandonnée. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l’argent et les vivres manquaient et la discorde régnait au sein de son conseil. C’est une retraite forcée vers la Loire, l’armée est dissoute.
Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et donc rien ne la distingue des chefs de guerres indépendants, elle ne représente plus le roi. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux comme Perrinet Gressart, sans beaucoup de succès. Jeanne est alors conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire. Jeanne s'échappera rapidement de sa prison dorée, pour répondre à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Finalement, elle est capturée lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaye de s’échapper par deux fois, mais elle échoue. Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre. Elle est rachetée par les Anglais pour 10 000 livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.
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Elle est accusée d’hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans le donjon du château de Philippe Auguste, seule une tour de la construction est parvenue jusqu’à nous et appelée maintenant Tour Jeanne d’Arc. Le procès débute le 21 février 1431. Jugée par l’Eglise, elle reste néanmoins emprisonnée dans les prisons anglaises, au mépris du droit canon. Si ses conditions d’emprisonnement étaient particulièrement difficiles, Jeanne n’a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c'est-à-dire à la torture.
« Sur l’amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n’en sais rien, mais je suis convaincue qu’ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. » Jeanne d’Arc à son procès (le 15 mars 1431)
Les enquêteurs, conduits par l’évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l’Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d’homme, d’avoir quitté ses parents sans qu’ils lui aient donné congé, et surtout de s’en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu’à celui de « l’Église militante », c’est-à-dire l’autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. L’université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d’être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d’hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au pape, ce qui sera ignoré par les juges.
Le 24 mai, les juges mettent en scène une parodie de bûcher pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaitre ses fautes. Jeanne sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l’incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d’une croix (alors qu'elle savait ecrire son nom) l’abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l’autorité de l’Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S’estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d’homme (dans des conditions obscures). Déclarée relapse (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au bras séculier. Le lendemain, 30 mai 1431, elle est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen. Elle rendit l’âme en criant trois fois « Jésus ». Ses cendres furent ensuite dispersées dans la Seine là où un pont a été construit plus tard : Le pont Jeanne d'Arc. Il existe toutefois des reliques d'ossements, conservées au musée de Chinon, en cours d'authentification.
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Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape Calixte III, casse en 1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice ». Le Pape ordonna à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d’étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d’Arc. Son mémoire fut la condition juridique du procès en réhabilitation. Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges, il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. Il ordonne également l’« apposition [d’une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte. La plupart des juges du premier procès, dont l'évêque Cauchon, sont décédés entre temps.
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Jeanne d'Arc fut très populaire de son vivant, la chevauchée vers Reims la fait connaître également à l'étranger. Elle commence à recevoir des courriers sur des questionnements théologiques venant de nombreuses contrées. On lui demandera son avis sur lequel des papes alors en concurrence est le vrai. Jeanne d'Arc se rapproche des ordres mendiants. Elle était une des nombreux prédicateurs en cette époque se disant directement envoyés de Dieu. Même si l'objet principal de sa mission est la restauration du trône de France, la Pucelle prend parti de fait sur le plan théologique et fait débat. Les conflits d'intérêts autour d'elle dépassent la rivalité politique entre les Anglais et les partisans du Dauphin.
Ainsi l’université de Paris, qui était « remplie des créatures du roi d'Angleterre » ne la voit pas d'un bon oeil, à l'opposé des théologiens de Poitiers, composée des universitaires parisiens exilés par les Anglais, et également à l'inverse de l'archevêque d'Embrun, des évêques de Poitiers et de Maguelonne, Jean Gerson (auparavant chancelier de l'Université de Paris), l'Inquisiteur général de Toulouse, ou encore l'Inquisiteur Jean Dupuy qui ne voyait que comme enjeux « à savoir la restitution du roi à son royaume et l'expulsion ou l'écrasement très juste d'ennemis très obstinés ». Ces gens d'Église, et autres, soutenaient la Pucelle.
Pour l'éminente autorité religieuse qu'était alors la Sorbonne, le comportement religieux de Jeanne dépasse l'enjeu de reconquête du royaume, et les docteurs en théologie de cette institution la considèrent comme une menace contre leur autorité notamment à cause du soutien des rivaux de l'Université à Jehanne, et pour ce que la Pucelle représente dans les luttes d'influence à l'intérieur de l'Eglise.
Jeanne n'as pas eu non plus que des amis à la cour du Dauphin, le parti du favori La Trémouille (dont Gilles de Rais était) se placa régulierement en opposition, au conseil du Dauphin, face aux initiatives de la Pucelle.
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Jeanne d'Arc n'a ni influé à elle seule sur la phase finale de la guerre, qui s'est achevée en 1453, ni été inexistante dans le rôle tactique et stratégique de sa campagne. Dunois parle d'une personne douée d'un bon sens indéniable et tout à fait capable de placer aux points clés les pièces d'artillerie de l'époque. Les faits d'armes sont donc à porter à son crédit même si certaines batailles ont été réglées en partie par de curieuses anecdotes. Elle fut en outre un chef indéniablement charismatique.
Sur le plan géopolitique, le royaume de France, même privé de tout ce qui était situé au nord de la Loire, bénéficiait de ressources humaines et matérielles bien supérieures à celles de l'Angleterre qui était quatre fois moins peuplée. La stratégie de Charles V, qui misait sur le temps, en évitant les combats et assiégeant une par une les places, a parfaitement montré les limites de l'invasion anglaise.
Cependant, avant l'intervention de Jeanne d'Arc, les Anglais bénéficiaient d'un avantage psychologique extrêmement important lié à plusieurs raisons : la réputation d'invincibilité de leurs troupes, le traité de Troyes qui déshéritait le Dauphin Charles et mettait en doute sa filiation à l'égard du roi Charles VI, un état d'abattement et de résignation de la population et l'alliance avec la Bourgogne. Dans cette tendance l'avantage numérique du royaume de France était en train de disparaître. Cette situation faisait qu'en 1429 la dynamique était anglaise. Jeanne a eu indéniablement le mérite d'inverser l'ascendant psychologique en faveur de la France, en remontant le moral des armées et des populations, en légitimant et sacrant le roi, et en battant les Anglais. Charles VII a eu lui l'initiative de se racommoder avec les Bourguignons, étape indispensable pour la reconquête de Paris. Jeanne d'Arc visiblement ne portait pas les Bourguignons dans son cœur à cause de leur proximité avec son village de Domrémy et des heurts qu'il y avait pu avoir.
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En s’appelant ouvertement la « Pucelle », Jeanne accréditait l’idée qu’elle était envoyée de Dieu et non une sorcière, sa virginité symbolise clairement la pureté de Jeanne, aussi bien physiquement, que dans ses intentions religieuses et politiques. Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l’importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité de Charles, et l’amener au sacre.
Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d’accusation contre elle. En vain.
Il est en revanche difficile de savoir ce qu'il s'est passé entre le jugement et le constat de relaps, période où Jeanne a été durement maltraitée par ses geôliers, défigurée. Selon Martin Ladvenu, un lord anglais aurait essayé de la forcer dans sa prison, en vain.
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Les deux sources principales sur l'histoire de Jeanne d'Arc sont le procès en condamnation de Jeanne de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-56. Etant des actes juridiques, elles ont l’immense avantage d’être des retranscriptions les plus fidèles des dépositions. Mais elles ne sont pas les seules, des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la «Geste des nobles Francois », la « Chronique de la Pucelle », la « Chronique » de Perceval de Cagny, ou encore le «Journal du siège d’Orléans et du voyage de Reims ». Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs.
C’est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi-exhaustive l’historiographie Johannique entre 1841 et 1849, en 5 volumes. Entre le XVe siècle et le XIXe siècle une foule d’écrivains, de politiciens, de religieux se sont déjà approprié Jeanne d’Arc, et leurs écrits sont nombreux. Il faut donc être prudent dans la manipulation des sources : peu lui sont contemporaines, et elles réinterprètent souvent les sources originelles dans le contexte de leur interprète.
Les procès sont des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d'avoir subi une influence politique évidente, et la méthode inquisitoire suppose bien souvent que l’accusée et les témoins ne répondent qu’aux questions posées. De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin (vraisemblablement à l'insu de Jeanne), alors que les interrogatoires étaient en français.
Philippe Contamine, au cours de ses recherches, a constaté une abondance d'écrits dès 1429, et le « formidable retentissement au niveau international » dont cette abondance témoigne. Il remarque également que Jeanne D’Arc fut d’emblée mise en controverse et fit débat par ses contemporains. Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l’auteur. Au commencement était le mythe »
Il apparaît donc qu’aucun document contemporain de l’époque - hormis les minutes des procès - n’est à l’abri de déformation issue de l’imaginaire collectif. Au cours du procès de réhabilitation, les témoins racontent leurs souvenirs à 26 ans de distance. La plupart des dépositions sont cependant étayées par ailleurs.
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