02.06.2008
"Elargir l'OTAN, c'est ériger de nouvelles frontières en Europe, de nouveaux murs de Berlin, invisibles cette fois mais pas moins dangereux"

Extrait de l'interview du Monde du dimanche 1er juin au premier ministre russe: Vladimir Poutine en visite à Paris
En quoi une éventuelle adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN serait-elle une menace pour la Russie ?
Nous sommes opposés à l'élargissement de l'OTAN en général. L'OTAN a été créée en 1949. (…) Son objectif était la défense et la confrontation avec l'Union soviétique, pour se protéger d'une éventuelle agression, comme on le pensait à l'époque. (…) L'Union soviétique n'existe plus, la menace non plus, mais l'Organisation est restée. D'où la question : contre qui faites-vous "ami-ami" ? Admettons que l'OTAN doive lutter contre les nouvelles menaces : la prolifération, le terrorisme, les épidémies, la criminalité internationale, le trafic de stupéfiants. Pensez-vous que l'on puisse résoudre ces problèmes au sein d'un bloc militaro-politique fermé ? Non. (…) Ils doivent être résolus sur la base d'une large coopération, avec une approche globale et non pas en suivant la logique des blocs. (…) Elargir l'OTAN, c'est ériger de nouvelles frontières en Europe, de nouveaux murs de Berlin, invisibles cette fois mais pas moins dangereux. La défiance mutuelle s'installe, c'est néfaste. Les blocs militaro-politiques conduisent à une limitation de la souveraineté de tout pays membre en imposant une discipline interne, comme dans une caserne.

Nous savons bien où les décisions sont prises : dans un des pays leaders de ce bloc. (…) Nous craignons que l'adhésion de ces pays à l'OTAN ne se traduise par l'installation, chez eux, de systèmes de missiles qui nous menaceront. (…) On parle sans arrêt de la limitation des armements en Europe. Mais nous l'avons déjà fait ! Résultat : deux bases militaires ont émergé sous notre nez. Bientôt il y aura des installations en Pologne et en République tchèque. (…) Je ferai une autre remarque : la démocratie, c'est le pouvoir du peuple. En Ukraine, près de 80 % de la population est hostile à une adhésion à l'OTAN. Nos partenaires disent pourtant que le pays y entrera. Tout se décide donc par avance, à la place de l'Ukraine. L'opinion de la population n'intéresse plus personne ? C'est ça, la démocratie ?
20:10 Publié dans Résistances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vladimir poutine paris, interview poutine le minde, otan, démocratie russie







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