06.05.2008
Nous ferons en sorte que rien ne repousse
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02.05.2008
Michel Houellebecq, Le conservatisme, source de progrès
Le Figaro, 08/11/2003

Le paradoxe n'est qu'apparent : le conservatisme peut être source de progrès, de même que la paresse est mère de l'efficacité. Ce qui explique pour une large part que l'attitude conservatrice soit si rarement comprise.
Depuis l'apparition du vocable de «nouveau réactionnaire» dans l'ouvrage de l'astucieux Lindenberg, personne à ma connaissance n'a été susceptible de lui donner un sens quelconque. Non défini en compréhension, l'ensemble ne l'est même pas en extension, comme le notait finement Jacques Braunstein dans Elle. Le colloque de Deauville a, il me semble, pour premier objectif de sortir de cette situation ambiguë, qui, au-delà de l'infortuné Lindenberg, met gravement en cause la crédibilité intellectuelle de son commanditaire le flic Plenel, et la consistance même d'une «pensée de gauche» dont il constitue l'une des ultimes réverbérations (tel le feu mort d'astres déjà éteints, etc.).
Afin d'éviter un échec préjudiciable à l'avenir de tout débat, j'essaierai ici de déblayer quelque peu la route. Ontologiquement, la réaction présuppose l'action ; si donc il existe de nouveaux réactionnaires, c'est qu'il doit y avoir de nouveaux progressistes. Comment les définir ? Reprenant l'ingénieuse terminologie de Taguieff, nous assimilerons facilement le nouveau progressisme au bougisme.
Contrairement à son aîné, le nouveau progressiste n'identifie pas le progrès par son contenu intrinsèque, mais par son caractère de nouveauté. Il vit en somme dans une sorte d'épiphanie permanente, très hégélienne dans sa niaiserie, où tout ce qui apparaît est bon de par le simple fait de son apparition. Il serait ainsi tout aussi réactionnaire de s'opposer au string qu'au voile islamique, au «Loft» qu'aux prêches de Tariq Ramadan. Tout ce qui apparaît est bon.
Le nouveau réactionnaire, à l'opposé, rétif à la nouveauté par principe, apparaît comme une espèce de grincheux ; il serait exactement, si les termes avaient leurs sens, ce qu'on devrait appeler un conservateur (royaliste sous la monarchie, stalinien sous Staline, etc.). Les deux attitudes paraissent au premier abord également stupides, dans leur opposition conjointe à la position de bons sens consistant à approuver la nouveauté si elle est bonne, à la rejeter si elle est mauvaise. Cette symétrie pourtant n'est que partiellement exacte. A ce stade, on pourrait proposer environ quatorze remarques ; faute de place, je me limiterai à deux.
Premièrement, l'innovation fatigue. Toute routine, bonne ou mauvaise, a pour avantage d'être routinière, donc de pouvoir être poursuivie moyennant un effort minimal. La racine première de tout conservatisme est la paresse intellectuelle. Or la paresse, poussant à la synthèse, à la recherche des traits communs au-delà des différences de surface, est intellectuellement une vertu puissante. En mathématiques, entre deux démonstrations d'une égale rigueur, on préférera toujours la plus brève, qui fatiguera moins la mémoire. L'assez mystérieux concept d'élégance d'une démonstration est de fait quasi équivalent à sa brièveté (ce qui n'a rien de surprenant, si l'on considère que l'élégance d'un mouvement peut à peu près se mesurer à son économie).
Deuxièmement, la méthode scientifique dans son ensemble (conçue classiquement comme alternance entre les phases d'élaboration théorique et celles de vérification expérimentale) a pour première condition une disposition de pensée essentiellement conservatrice. Une théorie est chose précieuse, acquise de haute lutte, et un scientifique ne se résignera à l'abandonner que si les faits expérimentaux, décidément, y obligent. Ne renonçant à une théorie que pour des raisons sérieuses, il ne sera jamais tenté d'y revenir.
Ce conservatisme de principe a donc pour corollaire la possibilité de progrès effectifs, voire, si les circonstances y obligent, d'authentiques révolutions (appelées «changements de paradigme» depuis Kuhn). Il n'est donc nullement paradoxal d'affirmer que le conservatisme est source de progrès, de même que la paresse est mère de l'efficacité.
La traduction politique de tels principes, j'en conviens, n'a rien d'immédiat ; c'est pourquoi l'attitude conservatrice, modérément sympathique, de contenu idéologique faible, est si rarement comprise. Pour user d'une métaphore, je dirais que le conservateur a tendance à idéaliser la société sous la forme d'une machine parfaite, où le passage d'une génération à l'autre s'effectue moyennant un effort minimal, où l'on cherche à minimiser les souffrances et les contraintes de la même manière que l'on cherche, en mécanique, à minimiser les frottements (ce qui a par exemple pour conséquence une limitation drastique de la densité de population). En toute circonstance, il méditera les principes, empreints d'un taoïsme poitevin, du défunt sénateur Queuille (tels que : «Il n'est aucun problème politique qui ne puisse se résoudre par l'inaction») ; il n'oubliera pas la sentence du vieux Goethe selon laquelle «mieux vaut une injustice qu'un désordre» - cynique en apparence seulement, compte tenu du puissant ferment d'injustices constitué par tout désordre.
Un des derniers conservateurs authentiques fut sans doute ce lord anglais, cité par Huxley, qui écrivit en 1940 une lettre au courrier des lecteurs du Times pour proposer de mettre fin à la guerre par un compromis (le Times, «journal autrefois conservateur», note Huxley, refusa de publier la lettre).
Conscient que la vie des hommes se déroule dans un environnement biologique, technique et sentimental (c'est-à-dire très accessoirement politique), conscient qu'elle a pour objectif la poursuite d'objectifs privés, il aura pour toute conviction politique marquée un rejet instinctif. L'homme révolté, le résistant, le patriote, le fauteur de troubles lui apparaîtront avant tout comme des individus méprisables, mus par la stupidité, la vanité et le désir de violence. Contrairement au réactionnaire, le conservateur n'aura ainsi ni héros ni martyrs ; s'il ne sauve personne, il ne fera, non plus, aucune victime ; il n'aura, en résumé, rien de particulièrement héroïque ; mais il sera, c'est un de ses charmes, un individu très peu dangereux.
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20.04.2008
Montherlant
23:26 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : montherland
18.04.2008
Peter Handke
15:44 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2008
Derrière ta porte 22 Avril: Alain de Benoist

22:00 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pierre Desproges, 20 ans déja...

Pierre Desproges nous a quitté il y a 20 ans déja...
Voici un texte de la chronique de la haine ordinaire :
'Est-il en notre temps rien de plus odieux, de plus désespérant, de plus scandaleux que de ne pas croire en la démocratie?
Et pourtant. Pourtant.
Moi-même, quand on me demande: «Êtes-vous démocrate?», je me tâte. Attitude révélatrice, dans la mesure où, face à la gravité de ce genre de question, la décence voudrait que l'on cessât plutôt de se tâter. Un ami royaliste me faisait récemment remarquer que la démocratie était la pire des dictatures parce qu'elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. Réfléchissez une seconde: ce n'est pas idiot. Pensez-y avant de reprendre inconsidérément la Bastille. Alors que, en monarchie absolue, la loi du prince refuse cette attitude discriminatoire, puisqu'elle est la même pour les pour et pour les contre. Vous me direz que cela ne justifie pas qu'on aille dépoussiérer les bâtards d'Orléans ou ramasser les débris de Bourbon pour les poser sur le trône de France avec la couronne au front, le sceptre à la main et la plume où vous voudrez, je ne sais pas faire les bouquets.
Mais convenez avec moi que ce mépris constitutionnel des minorités qui caractérise les régimes démocratiques peut surprendre le penseur humaniste qui sommeille chez tout cochon régicide. D'autant plus que, paradoxe, les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau de leurs électeurs qui se pressent aux belmonderies boulevardières. Parce que c'est ça aussi, la démocratie. C'est la victoire de Belmondo sur Fellini. C'est aussi l'obligation, pour ceux qui n'aiment pas ça, de subir à longueur d'antenne le football et les embrassades poilues de ces cro-magnons décérébrés qu'on a vus s'éclater de rire sur le charnier de leurs supporters. La démocratie, c'est aussi la loi du Top 50 et des marnas gloussantes reconverties en dondons tisanières. La démocratie, c'est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polac, ou n'importe quoi d'autre qu'on puisse soupçonner d'intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s'émerveiller dès 20 h 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d'un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire.
Cela dit, en cherchant bien, on finit par trouver au régime démocratique quelques avantages sur les seuls autres régimes qui lui font victorieusement concurrence dans le monde, ceux si semblables de la schlag en bottes noires ou du goulag rouge étoilé. D'abord, dans l'un comme dans l'autre, au lieu de vous agacer tous les soirs entre les oreilles, je fermerais ma gueule en attendant la soupe dans ma cellule aseptisée. Et puis, dans l'un comme dans l'autre, chez les drapeaux rouges comme chez les chemises noires, les chefs eux-mêmes ont rarement le droit de sortir tout seuls le soir pour aller au cinéma, bras dessus, bras dessous avec la femme qu'ils aiment. Les chefs des drapeaux rouges et les chefs des chemises noires ne vont qu'au pas cinglant de leurs bottes guerrières, le torse pris dans un corset de fer à l'épreuve de l'amour et des balles. Ils vont, tragiques et le flingue sur le cœur. Ils vont, métalliques et la peur au ventre, vers les palais blindés où s'ordonnent leurs lois de glace. Ils marchent droits sous leurs casquettes, leurs yeux durs sous verre fumé, cernés de vingt gorilles pare-chocs qui surveillent les toits pour repérer la mort. Mais la mort n'est pas pour les chefs des drapeaux rouges ni pour les chefs des chemises noires. La mort n'est pas aux fenêtres des rideaux de fer. Elle a trop peur.
La mort est sur Stockholm. Elle signe, d'un trait rouge sur la neige blanche, son aveu d'impuissance à tuer la liberté des hommes qui vont au cinéma, tout seuls, bras dessus, bras dessous, avec la femme qu'ils aiment jusqu'à ce que mort s'ensuive.'
14:22 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : desproges, 20ans
15.04.2008
Albert Spaggiari
18:41 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spaggiari, sans arme ni haine ni violence
10.04.2008
Commandant Massoud présent !
22:58 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : massoud, afghanistan
09.04.2008
Corsaire Cassard

Il fit avec de grands succès la course contre les Britanniques dans la Manche, sous Louis XIV, protégea plusieurs convois de blé pendant la famine de 1709, et s'éleva par sa seule valeur au grade de capitaine de vaisseau.
Breveté à l'amirauté de Nantes, il prend part à la guerre d'Espagne comme corsaire en 1702.
Commandant en 1705 la corvette Saint Guillaume, il rançonna le 28 août la ville de Cork en Irlande et fit douze prises. En 1707, avec la Duchesse Anne, il arraisonne treize bâtiments ennemis et détruit un corsaire de Jersey, ce qui lui valut une gratification du roi et un brevet de lieutenant de frégate. En 1708, une nouvelle campagne aboutit à de nouvelles captures et à la mise hors de combat d'un navire de 38 canons.
Cassard fut alors chargé par le secrétaire d'État Pontchartrain de protéger les convois de blé venant de Tunisie qui devaient sauver la Provence de la famine. Le 29 avril 1709, il attaque et met en fuite cinq vaisseaux britanniques devant Tabarka et ramène à Marseille un convoi de vingt-cinq navires.

En 1710, il débloque, au Golfe Juan, 84 bâtiments venant de Smyrne et les fait entrer à Toulon après avoir pris deux vaisseaux britanniques. L'année suivante, Cassard réussissait une autre opération : balayant une croisière britannique, il faisait entrer quarante-trois navires chargés de ravitaillement dans le port de Peniscola en Espagne et assurait ainsi l'entretien de l'armée commandée par Vendôme.
Pendant vingt-sept mois (1712-1714), Cassard, promu capitaine de vaisseau en novembre 1712, va opérer des raids dévastateurs qui vont causer aux ennemis des pertes évaluées à plus de 30 millions. Après avoir attaqué et rançonné les établissements portugais des îles du Cap-Vert, il passa aux Antilles et porta son offensive successivement sur les îles britanniques de Montserrat et d'Antigua, puis sur les colonies hollandaises de Saint-Eustache, de Surinam, de Paramaribo et de Curaçao, exigeant des rançons et détruisant les fortifications.
Jacques Cassard fut emprisonné jusqu'à la fin de ses jours au fort Ham pour avoir injurié le cardinal Fleury.
15:36 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corsaire, pirate, cassard
02.04.2008
Fresnay: poèmes de Fresnes
23:04 Publié dans Maitres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poemesfefresnes, brasillach










