06.05.2008
La loi des sans-papiers

Par Eric Zemmour
C'est sans doute le génie-incompris- de Nicolas Sarkozy: il révèle ce qui restait caché. Avec l'ouverture, il a montré qu'il n'y avait plus qu'une feuille de vigne entre droite et gauche. Autour des sans-papiers, on découvre l'alliance objective entre droite libérale et extrême gauche. Les patrons des secteurs non délocalisables-restauration, bâtiment,etc,-embauchent des clandestins pour réduire leurs charges et faire pression à la baisse sur les salaires hexagonaux; les associations humanitaires, fascinées par ces nouveaux "damnés de la terre", militent pour la liberté d'installation sur la planète. Les ennemis de tous s'appellent frontières, nations, Etats.
La stratégie de Sarkozy visait un double objectif: rendre efficace le renvoi des illégaux; rouvrir les portes à l'immigration de travail. Cette politique qui se voulait raisonnable recèle des contradictions explosives. En suivant Hortefeux de capitale en capitale, on découvre des chefs d'Etat africains rétifs au retour de leurs ressortissants en pleurant la fuite de leurs cerveaux.
Harcelés par les policiers, les patrons ont une révélation : leurs employés avaient des faux papiers! Ils se servent alors de la loi Hortefeux qui a prévu-en cas de pénurie de main-d'oeuvre-des régularisations. La boîte de Pandore était ouverte. Hortefeux, avec gêne, Sarkozy, avec vigueur, tentent d'en refermer le couvercle. Le "cas par cas", c'est combien? Les patrons revêtus de lin blanc par la CGT ne renonceront pas. Ils ont été encouragés par les discours de Sarkozy donnant en exemple le modèle anglais qui, justement, a reposé en (grande) partie sur l'arrivée de millions d'immigrés.
Sarkozy, ou l'arracheur de masques, jusqu'aux siens.
Source: Le Figaro magazine 3 MAI 2008
21:03 Publié dans Résistances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, eric zemmour, sans papiers, figaro magazine






